Mardi 9 juin 2009
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20:51
Il doit y avoir deux films portant ce titre sortis en même temps. Je n'ai probablement pas vu celui qui était projeté à Cannes. Non, sérieusement, c'est la seule explication rationnelle que
je puisse trouver au scandale qu'il a provoqué : il y a en tout et pour tout deux scènes gores. Trève de plaisanteries, ce film reste déconcertant. Il joue beaucoup sur la construction d'une
ambiance, par petites touches de fantastique qui introduisent un sentiment d'étrangeté. Le prologue et l'épilogue sont magnifiques, surtout la musique. Seul problème, à la fin, alors qu'on s'attend
à une apothéose de l'horreur, le tout est expédié en dix minutes. En sortant de la salle, je me suis demandé pendant un bon quart d'heure si j'avais aimé ou non. Je pense que oui, en tout cas il ne
m'a pas laissé indifférent.
Lundi 8 juin 2009
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18:43
Les autres ne l'avaient jamais aimé. Toujours ils avaient voulu le tromper et quand ils étaient aimables, il savait bien que c'était pour se moquer de lui. La plupart l'ignorait mais ils
parlaient de lui dans son dos. Seulement il n'était pas naïf. Et il leur ferait bien comprendre. Ne jamais se laisser avoir. Ne pas avoir un comportement ambigu ou sujet à discussions. Avec les
filles surtout : s'il était trop gentil, elles penseraient qu'il essayait de les séduire, c'était sûr. Il devait rester distant, froid, désagréable.
Il le fit. Les autres s'éloignèrent de lui. "J'avais raison" pensa-t-il. Et pourtant....
Par Loki
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Vendredi 5 juin 2009
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13:21
Philosophe, poète, prophéte, Nietzsche hurle son amour de la vie dans des lignes d'une force époustouflante. Révolutionnaire, guerrier, dionysiaque, nul autre ne s'était autant élevé contre les
croyances et les illusions de toute sorte. Le lire de peut laisser indifférent, il renverse tout avec une joie salutaire. Malgré la violence de ses propos, il est pur et doux, dépourvu de tout
pessimisme et de toute rancune. Fou ou visionnaire, sa lecture est une nécessité.
Par Loki
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Mardi 2 juin 2009
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2009
19:19
Dans la création artistique et littéraire, il existe deux formes d'originalité : celle du sujet et celle du traitement du sujet. Disons-le tout de suite, la première est impossible : tout a déjà
été écrit avant et je vous mets au défi de trouver une oeuvre qui aborde un thème complétement neuf. En revanche, c'est dans la manière dont l'artiste va traiter son sujet que se révéle tout son
talent. Cette distinction mériterait d'être faite plus souvent lors des débats sur l'originalité d'une création.
Par Loki
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Lundi 1 juin 2009
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2009
12:29
Le plaisir pris à lire des livres se situe à trois niveaux : 1) Le plaisir de l'histoire proprement dites. S'il y a bien quelque chose qui lie toute l'humanité, c'est le fait que nous aimons
tous qu'on nous raconte des histoires. Les contes oraux existent dans les sociétés les plus primitives et le cinéma n'est rien d'autre qu'une gigantesque machine à raconter des histoires. C'est le
plaisir du "que va-t-il se passer" et "comment ça va finir" Cela ne marche toutefois pas toujours pour la poésie.
2) Les émotions véhiculées. Toute oeuvre littéraire est un vecteur d'émotions. Par l'imagination, le lecteur suspend son incrédulité et accepte de se mettre à la place du personnage. Il peut ainsi
éprouver des sentiments forts. Ces deux premiers niveaux font la différence entre une oeuvre littéraire et une oeuvre philosophique.
3)La réflexion intellectuelle. Une oeuvre littéraire digne de ce nom pose un problème moral ou philosophique. Elle encourage le lecteur à réfléchir, à remettre en question ce qu'il croit
savoir.
Enfin il existe un quatrième niveau de plaisir, plus spécialement réservé à ceux qui font des études de Lettres : celui de l 'analyse littéraire, de la compréhension savante du texte.
Par Loki
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