Vendredi 29 mai 2009
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15:45
Quand un artiste réalise son oeuvre, il cherche en général deux choses : 1)transmettre un message, véhiculer une émotion, accéder à l'immortalité, bref faire de l'art. 2) vendre assez pour mener
une vie correcte. Le problème de la conciliation des deux attitudes est loin d'être facile. L'idée qu'un vrai artiste doit vivre pauvrement, que l'argent est "bourgeois" et sale a fait son temps.
Aujourd'hui, chacun reconnaît aux artistes le droit de vivre de leur art. Malheureusement, de plus en plus n'ont plus que le deuxième but en tête. Sous la pression des producteurs, majors et autres
éditeurs, on voit se multiplier les oeuvres formatées, produites à la chaine pour satisfaire facilement un large public. A l'heure des débats sur le rôle d'Internet dans la crétion et le partage,
il serait temps de repenser le rôle de l'artiste.
Par Loki
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Mardi 3 mars 2009
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2009
18:02
On lit de ses absurdités parfois! Tout à l'heure, à la fac, parmi les nombreuses affiches et slogans en faveur de la grève, mon regard a été attiré par une feuille collée au mur qui faisait
l'apologie de l'évasion. Pour résumer: les peines sont trop longues donc les prisonniers ont raison de s'évader. Autant je trouve scandaleuses les conditions de vie en prisons, autant considérer
les évadés comme des martyrs des temps modernes, faut peut-être pas exagérer. Ce n'est pas en violant la loi qu'on fera progresser les choses. L'article cherchait à nous émouvoir en nous parlant
des familles des coupables. D'accord, c'est triste pour elles, mais elles n'ont pas à s'introduire dans le fonctionnement de la justice (pas plus que celles des victimes). Quand à la considération
comme quoi les prisonniers ne tuent pas les gardiens, alors que l'inverse n'est pas vrai, il faudrait quand même admettre qu'il n'y a pas égalité entre les deux. (ça ne justifie pas les meurtres
certes). Enfin, il serait bon que le rédacteur de ce machin prenne conscience que les prisonniers ne sont pas tous des anges, et que ce n'est pas parce que ceux qu'il a cité ne sont pas dangereux
que c'est le cas de tous.
Par Loki
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Dimanche 1 mars 2009
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2009
17:15
C'est bien connu, il suffit de demander à plusieurs témoins de raconter ce qu'ils ont vu pour avoir une dizaine d'histoires différentes. A partir de ce constat, Kurosawa va bâtir un film basé sur
la question de la vérité. Comment savoir ce qui est vrai quand tout le monde ment pour se mettre en valeur ou se protéger. Le début de l'histoire est toujours le même: un bandit
viole une femme sous les yeux de son mari. A la fin, le mari est toujours mort mais qui l'a tué: le bandit, la femme ou lui-même? Et sa femme, était elle consentante ou fut elle cruellement
rejettée par son mari après le viol? Autant de questions auxquelles le spectateur n'aura jamais de réponses claires. On revit l'histoire à travers les yeux du bandit, de la femme, du
mari et d'un bûcheron, témoin de la scène qui la raconte à ses compagnons un jour de pluie. De la polyphonie nait une énigme jamais totalement résolue.
Samedi 28 février 2009
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2009
15:30
La Fontaine s'adresse à tous: ses
Fables sont souvent les premières poésies qu'apprennent les enfants, et on peut continuer à les étudier à tout âge. Il n'épargne personne: à peine a-t-il
égratigné la monarchie qu'il s'attaque à l'état populaire. Rois, juges, peuple, médecins, guerriers, riches, enfants, vieillards, tous sont chargés par le fabuliste. Souvent pessimiste, ses
conseils politiques ne seraient sans doute pas reniés par un Machiavel. Sa philosophie est simple: pour vivre heureux, vivons caché. Il prône la simplicité, la jouissance humble de la vie. Et quel
talent pour la concision! En quelques mots, tout est dit, il sait trouver l'expression juste, la seule qui vaille pour parler d'une chose. Qu'on pense seulement à tous ses vers passés en proverbes.
On peut feuilleter les
Fables au hasard, on y trouvera toujours quelque chose de pertinent et d'agréable. Alors qu'il vivait dans un siècle où la plus plate flatterie était de mise, il fut
l'un des seuls à refuser de jouer les courtisans et à s'élever contre les abus du roi, digne précurseur des Lumières.
Par Loki
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Vendredi 27 février 2009
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2009
16:17
Prince du réalisme politique, Machiavel voit le monde tel qu'il est, loin des réveurs et des idéalistes. Sa philosophie est séche, cruelle, il accepte le fait comme un droit. La légende noire qui
s'est développée autour de son nom n'est pas totalement injustifiée, et beaucoup de ses conseils nous semblent aujourd'hui condamnables. Et pourtant! Quoi de plus moral que de reconnaitre le monde
tel qu'il est et d'agir pour le transformer. Prendre conscience de la moralité d'une action injuste, de l'immoralité du juste, de l'importance fondamentale des circonstances, voilà une plus grande
sagesse que tous les traités théoriques de morale absolue. Soyez acteur de votre destin nous dit Machiavel, la virtu triomphe de la fortuna. Ses conseils ne s'adressent pas seulement à qui veut
gouverner un Etat, mais aussi à qui veut gouverner sa vie. Mais cet homme est aussi une énigme: était-il toujours sérieux? Je crois peu à la thèse du Machiavel ironique, républicain déguisé, mais
il est vrai que cette idée peut se défendre. Tous nos dirigeants politiques devraient lire
Le Prince: correctement interprété et mis au service de la nation, Machiavel est le meilleur
conseil des puissants.
Par Loki
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