Les autres ne l'avaient jamais aimé. Toujours ils avaient voulu le tromper et quand ils étaient aimables, il savait bien que c'était pour se moquer de lui. La plupart l'ignorait mais ils
parlaient de lui dans son dos. Seulement il n'était pas naïf. Et il leur ferait bien comprendre. Ne jamais se laisser avoir. Ne pas avoir un comportement ambigu ou sujet à discussions. Avec les
filles surtout : s'il était trop gentil, elles penseraient qu'il essayait de les séduire, c'était sûr. Il devait rester distant, froid, désagréable.
Il le fit. Les autres s'éloignèrent de lui. "J'avais raison" pensa-t-il. Et pourtant....
Il y avait une fois deux royaumes gouvernés par deux rois. Le premier était jeune,naif, enthousiaste, il avait de grandes idées utopiques et voulait faire le bonheur de son peuple. Le second, plus
âgé, avait fini par devenir désabusé. Il gouvernait avec modération, sans vraiment se soucier de l'avenir. Un jour, une révolte éclata dans chacun des royaumes. Le jeune roi, voyant que les
révoltés contrariaient ses projets, décida de réprimer brutalement la révolte. "La sévérité vaut mieux que l'anarchie" disait -il et il croyait agir pour le bien à long terme en envoyant ses
soldats commettre les pires exactions. Le second roi, plus tendre et plus indifférent, voulut négocier avec les révoltés. Ce faisant, il les laissa faire naître et grandir le chaos au sein du pays.
Quand il décida enfin d'intervenir, il était trop tard: son armée avait changé de camp et il dû fuir le pays. Mais les affaires du premier royaume n'allait pas mieux: les excès du roi avaient
conduit de plus en plus de personnes à la rébellion, de sorte qu'en voulant le bien, il fit encore plus de mal.
Lequel des deux, selon toi lecteur, fut le meilleur gouvernant?
Deux hommes tombèrent malades. Ils prirent deux médicaments différents : le premier absorba sans le savoir un placebo, tandis que le second pris un vrai médicament mais dont les effets
étaient plus long. Malheureusement, le placebo avait un effet secondaire nocif: comme il ne guérissait pas vraiment, il finissait par rendre les gens dépendants, convaincus qu'ils
sombreraient sans lui. Ainsi,l'homme au placebo ne se rendait pas compte qu'il était de moins en moins libre, tout en restant malade.
La maladie représente la déprime, la découverte d'un vide existenciel ou de l'absurdité du monde. Le placebo représente la religion, fausse mais utile si on y croit
Quand on est malade, un placebo vaut mieux que de se laisser mourir, mais moins que de guérir.
Devinette: que représente le vrai médicament?