Cette phrase de Juvénal, d'inspiration stoicienne, ne résume-t-elle pas à elle seule l'idéal de l'humain? Même si l"esprit sain" est à la base un esprit capable de résister aux vicissitudes de
l'existence et non un esprit cultivé, voilà bien la seule chose valable à demander aux dieux, car avec elle on peut obtenir tout le reste. Il faut développer toutes nos facultés et vouloir sans
cesse s'améliorer. Mais placer son propre développement comme idéal ne risque-t-il pas de nous faire oublier les autres? *un esprit sain dans un corps sain
"Homo sum, nihil homini a me alienum puto"*, écrivait Térence dans
Le bourreau de soi-même. Cette phrase, que je considére comme une des plus belles du monde, peut se lire de différentes
manières : en temps qu'homme, je suis concerné par tout ce qui arrive aux autres , je ne peux pas vivre seul de manière égoiste; mais aussi au delà des différences de culture et de caractère, tous
les hommes se ressemblent, si bien que je peux comprendre et éprouver de l'empathie pour tout autre être humain, même si je ne partage pas sa culture, ses sentiments ou son passé. Mais est-ce si
sûr? Les différences de culture ne sont elles pas plus profondes que les tentatives de rapprochement? La question reste posée.
*Suis-je un homme?
*Je suis un homme, rien de ce qui est humain ne m'est étranger.